Posted By in Engager les jeunes dans l'agribusiness
Posted 19 November 2018 at 11:30

Entrepreneur du Mois

Dans sa dynamique d’inspirer aux jeunes nigériens l’esprit entrepreneurial le réseau AgriProFocus Niger s’est intéressé à un jeune entrepreneur qui, départ son activité contribue à la promotion et à la valorisation des produits locaux. Dans cet article nous vous présentons le Directeur Général du Centre Agroécologique de Production Intégrées et de Formation en Agrobusiness (CAPI-FA), Monsieur Issoufou Abdoul-Kader (IAK).

APF Niger : Présentez-vous s’il vous plait !

IAK : je me nomme ISSOUFOU Abdoul-Kader, jeune de 32ans, Ingénieur Agronome, Spécialité : Phytotechnie. Je suis le Directeur Général du Centre Agroécologique de Productions Intégrées et de Formation en Agrobusiness (CAPI FA), Enseignant Vacataire à la Faculté d’Agronomie Université Abdou, Moumouni de Niamey-Niger et au Centre Régional Songhaï, Porto Novo-Bénin, Président de l'Association Nigérienne des Diplômés en Agronomie. Je suis alunmus de Tony Elumelu Foundation Entrepreneurship Programme, du Young African Leadership Initiative (YALI) Programme Business&Entrepreneurship Centre Régional de Leadership de Dakar et de Songhaï Leadership Academy du Centre Régional Songhaï (www.songhai.org), Porto-Novo Bénin et Mentor des jeunes évoluant dans l’agrobusiness,

APF : Parlez-nous de votre parcours d’entrepreneur !

IAK : Tout a commencé dès mon jeune âge pendant que j’accompagnais ma grand-mère (paix à son âme), à son lopin de terre où elle cultivait du gombo et de l’oseille. L’accompagner me procurait beaucoup de plaisir et m’a inoculé l’amour de l’agriculture. Quand j’avais rejoint mes parents à mes 8ans, mon père fonctionnaire-cultivateur nous amenait, mes frères et moi, passer les week-ends au jardin et aux champs pendant les vacances. C’est ainsi que cet amour pour l’agriculture est devenu une passion. Après mon baccalauréat, je m’étais alors inscrit en agronomie à la Faculté de Sciences avant de « traverser le goudron », après l’obtention du Diplôme Universitaire d’Etudes Scientifiques (DUES),pour la Faculté d’Agronomie où j’ai décroché mon Ingéniorat en Agronomie spécialité Phytotechnie avec mention Bien. J’avais voulu juste après démarrer ma propre entreprise mais je m’étais rendu compte que ma formation ne m’avais pas assez armé de la pratique nécessaire pour entreprendre en agriculture, j’étais un ‘’diplômé sans niveau technique’’. J’ai été alors embouché par la CADEV-Niger en 2012 comme Agent de Vulgarisation du Programme RIAGE, un programme de Sécurité Alimentaire, j’ai été ensuite promu Chargé de Suivi&Evaluation et Responsable de Volet Développement&Coopération. J’ai travaillé avec les producteurs en vue de les encadrer pour une meilleure productivité agricole. C’est ainsi qu’en décembre 2015, j’ai conduit une équipe des producteurs bénéficiaires des projets/programmes ainsi les agents terrains qui les encadrent en voyages d’études dans la sous-région (Bénin, Togo et Burkina). Ainsi j’ai découvert le Centre Régional Songhaï l’endroit idéal pour avoir une formation pratique en Agrobusiness. J’avais postulé à Songhaï Leadership Academy et ma candidature a été acceptée dans une promotion de vingt-six aspirants leaders venus de quatorze (14) pays. J’avais pris le risque de quitter mon travail en avril 2016 pour cette aventure. C’était une formation de six (6) mois sur le Leadership, l’Entreprenariat Agricole, Conception et Gestion de Système de Production Intégré et Durale et le Développement Humain. Après la formation j’ai évolué comme consultant indépendant en agro-développement jusqu’en mars 2017 où j’ai rencontré mon associé avec qui nous avons créé le Centre Agroécologique de Productions Intégrées et de Formation en Agrobusiness.

APF : Parlez-nous de CAPI FA

IAK : Le Centre Agroécologique de Productions Intégrées et de Formation en Agrobusiness (CAPI-FA) est une Société A Responsabilité Limitée qui propose :

- Des produits agricoles bios issus des productions végétales (maraîchage, agroforesterie, semences améliorées des céréales), productions animales (élevage des ovins, des ovins et des volailles) et la pisciculture (Tilapia et Poissons Chat), la transformation et la commercialisation des produits ;

- Production et commercialisation des kits de biogaz, la commercialisation des kits d’énergie solaire, les consultations, la prestation de services agricoles et les formations.

- Des formations en agrobusiness,

- Des services agricoles innovants : installation, de diagnostic et de suivi des unités de productions agricoles, de stage pratique aux étudiants des facultés d’agronomie des universités publiques pour les mémoires de fin d’études et formations en Agrobusiness et l’expérimentation et la vulgarisation de résultats de recherches agronomiques.

Il a démarré ses activités il y a un an avec la production maraîchère et l’élevage sur son site de production situé à Karma (45km de Niamey).

APF : Pourquoi un tel produit sur le marché ?

IAK : La principale raison est de mettre les produits bio, donc sain sur le marché. Le Centre n’utilise pas d’engrais chimique ni de pesticide, nous faisons de l’agroécologie.

Pour les formations, l’objectif est de former des jeunes agripreneurs capables pas seulement bourrés de la théorie mais des jeunes qui vont apprendre en pratiquant, des jeunes qui vont danser avec la nature en exploitant les opportunités qu’elle nous offre.

APF comment avez-vous financé votre activité ?

IAK : Nous finançons nos activités avec le capital social de la société et les fonds propres des associés.

APF quelles sont les difficultés auxquels vous faites face et comment vous les surmontez ?

IAK : La principale difficulté est liée au financement des investissements de démarrage, nous essayons de les faire petit à petit. L’autre difficulté est liée à l’insensibilité des clients par rapport au bio, le coût de production en agriculture biologique est plus important qu’en agriculture conventionnelle, les clients ne font malheureusement pas la part des produits. Nous essayons de les sensibiliser.

APF quelles sont vos perspectives ?

IAK : En termes de perspectives nous voulons terminer l’installation de l’ensemble des unités de production pour pouvoir commencer la formation proprement dite.

APF Quel appel lancez-vous aux jeunes nigériens ?

IAK : L’appel que je lance à la jeunesse nigérienne est d’entreprendre en agriculture. Bâtissons des entreprises agricoles innovantes et performantes c’est la seule façon de sauver notre pays fréquemment en proie à l’insécurité alimentaire. Tous les pays développés ont impulsé leur économie par l’agriculture d’abord. Créons nos propres emplois c'est la seule façon de développer notre pays.

APF Votre mot de fin

IAK : Je voudrais sincèrement remercier Agriprofocus Niger pour les efforts déployés non seulement pour la promotion des jeunes agripreneurs mais surtout leur mise en réseau.

Georges Djodji Akibode Tres bonne interview riche en enseignement. Je retiens essentiellement cette percuttante declaration du jeune Kader: '' L’appel que je lance à la jeunesse nigérienne est d’entreprendre en agriculture. Bâtissons des entreprises agricoles innovantes et performantes c’est la seule façon de sauver notre pays fréquemment en proie à l’insécurité alimentaire. Tous les pays développés ont impulsé leur économie par l’agriculture d’abord. Créons nos propres emplois c'est la seule façon de développer notre pays.''

3 weeks 6 days ago

ADA MAHAMANE Habou Bonjour cher Georges! Monsieur Kader a lancé un appel pressant à la jeunesse nigérienne et au delà à celle de l'Afrique. Merci d'avoir retenu sa déclaration.

3 weeks 6 days ago